Flambée du diesel : les transporteurs québécois haussent leurs surcharges carburant
En mars 2026, la guerre en Iran fait bondir le prix du diesel de plusieurs dizaines de cents le litre en quelques jours, et les transporteurs refilent la hausse à leurs clients.
Le 11 mars 2026, Transport Routier faisait le point sur la flambée du diesel qui frappait le camionnage québécois depuis le début des frappes américano-israéliennes contre l'Iran, le 28 février. Le pétrole se vendant sur un marché mondial, les tensions au Moyen-Orient se répercutaient directement sur les prix à la pompe au Québec.
Des surcharges ajustées en catastrophe
La plupart des contrats de transport prévoient une surcharge carburant qui suit le prix du diesel. L'Association du camionnage du Québec (ACQ) publie une référence chaque mardi, et plusieurs transporteurs s'appuient aussi sur les indices de la Freight Carriers Association (FCA), qui accusent d'ordinaire un retard d'environ deux semaines sur le marché.
Cette fois, la hausse a été si rapide que l'industrie a dû réagir plus vite. Selon Éric Gignac, PDG du Groupe Guilbault, la surcharge est d'abord montée d'environ 4 %, puis d'environ 10 %, le diesel ayant pris quelque 41 cents le litre en quelques jours. « C'est au client qui expédie la marchandise » d'assumer les variations, a fait valoir Marc Cadieux, PDG de l'ACQ, en prévenant que le consommateur paierait au bout de la chaîne.
En région, la note grimpe
Le 13 mars, Radio-Canada rapportait que le diesel avait gagné de 40 à 60 cents le litre en quelques semaines en Abitibi-Témiscamingue. Daniel Barrette, de Transport D. Barrette et Fils, à Lorrainville, chiffrait le surcoût à des milliers de dollars par jour et s'inquiétait des soumissions pour les contrats d'été. Il comptait absorber une partie de la hausse et refiler le reste à ses clients.
Pierre-Olivier Pineau, de HEC Montréal, voyait tout de même un effet possible : pousser les flottes à mieux remplir leurs camions, à réduire les kilomètres à vide et à revoir le juste-à-temps.