Travailleurs étrangers : salaire horaire, délais et classe 1 compliquent le recrutement de chauffeurs
Devant des transporteurs réunis par l'ACQ, Service Canada a rappelé les règles du Programme des travailleurs étrangers temporaires, dont un seuil de 36 $ l'heure et des délais de plus de 80 jours ouvrables.
Recruter des chauffeurs à l'étranger demeure un parcours exigeant pour les transporteurs québécois. C'est le constat qui s'est dégagé d'un petit-déjeuner conférence de l'Association du camionnage du Québec (ACQ), le 9 octobre 2026, où deux représentantes de Service Canada ont présenté les règles du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), selon le compte rendu de Transport Routier.
Un dernier recours
Le PTET reste une solution de dernier recours. L'employeur doit d'abord démontrer qu'il a tenté de recruter des citoyens canadiens ou des résidents permanents. Les efforts de recrutement doivent se poursuivre pendant l'analyse de la demande. Pour les postes à bas salaire, l'affichage doit durer au moins huit semaines consécutives.
Le seuil de 36 $ l'heure
Depuis le 17 juillet 2026, le seuil qui sépare les volets à haut et à bas salaire est de 36 $ l'heure au Québec. Service Canada vérifie que le salaire offert correspond à ce qui est payé dans l'entreprise et sur le marché : il ne faut pas le gonfler pour changer de volet.
Les postes à bas salaire restent soumis à des restrictions dans les régions métropolitaines où le chômage atteint 6 % ou plus. À Montréal et à Laval, le moratoire québécois continue de viser certains postes.
Le casse-tête du paiement au kilomètre
Beaucoup de transporteurs paient leurs chauffeurs au kilomètre, mais l'étude d'impact sur le marché du travail (EIMT) exige un taux horaire. L'employeur doit expliquer comment il l'a calculé, sans y inclure les primes non garanties. Une fois l'EIMT approuvée, ce taux horaire doit être respecté pendant tout l'emploi.
Des transporteurs syndiqués ont souligné que cette règle se concilie mal avec des conventions collectives prévoyant une paie au kilomètre. Les représentantes de Service Canada ont dit qu'elles porteraient la question au groupe de travail concerné.
Des délais à prévoir
Le traitement d'une EIMT prend en moyenne 82 jours ouvrables pour un poste à bas salaire et 90 jours ouvrables pour un poste à haut salaire. Service Canada conseille de s'y prendre tôt, surtout quand le permis de travail d'un employé approche de son échéance, et de déposer les demandes en même temps auprès de Service Canada et du ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration (MIFI).
La formation obligatoire de classe 1
La formation obligatoire pour obtenir le permis de classe 1, en vigueur depuis décembre 2025, ajoute des délais pour les nouveaux arrivants, notamment à Montréal et en Montérégie. Un travailleur qui ne peut pas encore conduire doit tout de même être payé au taux horaire prévu dans son EIMT, y compris pendant sa formation.
L'ACQ participe à un groupe de travail mensuel avec Emploi et Développement social Canada et les associations canadiennes du camionnage pour faire valoir les réalités du secteur.